Le commencement

Peaux de fourrure

Quand ma sœur Jeanne m’a proposé d’écrire un blogue; je fus honorée. Moi qui ai toujours caressé le rêve d’écrire.  Quelle chance unique!
Me voici donc. Par quoi commencer?  Il y a une foule d’idées et de sujets qui touchent la fourrure, la trappe, etc. dont j’aimerais vous entretenir. Je me dois pourtant de commencer par une histoire incroyable qui est la nôtre: une histoire de Bergeron… et de Grenier.
Ma mère Rita est la fille d’Albany Bergeron qui prit le train avec sa femme Rose en 1934 pour venir coloniser l’Abitibi. Albany pratiquait la trappe d’animaux à fourrure. C’est lui qui enseigna tous les rudiments de la trappe à mon père Robert. À cette époque, les temps étaient difficiles et grâce à cette activité mon père et mon grand-père purent mettre du beurre et du pain sur leur table.
Mais ce que je ne savais pas, c’est que le métier de trappeur était dans la famille depuis belle lurette.  En effet, les Acadiens furent attaqués par les Anglais à la rivière St-Jean située au Nouveau-Brunswick en 1758. L’exode commença alors. Plusieurs familles partirent à travers bois au printemps 1763. Ne voulant pas perdre leur langue et leur religion, les Béliveau,  Gaudet, Poirier, Bergeron, Bourque, Bercasse et Lamontagne s’exilèrent au Québec. Le chef de l’expédition, Michel Bergeron, chasseur hardi et coureur des bois, devint le véritable héros de cette épopée. Ils vivaient de castors, de perdrix et d’autres animaux qu’ils surprenaient dans les attrapes qu’ils tendaient, car ils n’avaient ni armes ni munitions… Ils atteignirent Cacouna trois jours avant la Toussaint, craignant de ne pouvoir trouver refuge avant l’hiver. Le printemps suivant, la plupart continuèrent leur voyage en canot jusqu’à Saint-Gregoire où ils s’installèrent près d’un ruisseau. Les castors abondaient!
Allez donc comprendre comment ce savoir, cet instinct, cette sensibilité ont pu traverser des centaines d’années. Nous pourrions dire que les membres de ma famille sont des coureurs des bois depuis 1770!

 

Je remonte dans mes souvenirs et je me rappelle d’Albany. Il était d’un naturel calme et déterminé. Il savait communier avec la nature. Bien que son plus beau joyau soit sa Rose, je crois qu’il nous a légué le castor comme emblème.

Je suis fière d’être une Grenier… Bergeron

Francine Grenier

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